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Comment optimiser les soins d'un patient présentant un trouble du spectre de l'autisme (TSA)? 

La relation entre les professionnels de la santé et les patients présentant un TSA pourrait être plus optimale. D'un côté, ces patients sembleraient rencontrer certains obstacles dans la prestation de leurs soins (1). De l'autre, les professionnels de la santé ne trouveraient pas toujours adéquate leur formation sur le sujet et ressentiraient un inconfort lorsqu'ils doivent traiter cette clientèle (2). 

 

Certaines stratégies somme toute simples pourraient faire en sorte que le patient et le professionnel ressortent plus satisfaits de leur relation de soins.

En premier lieu seront présentées des stratégies générales élaborées pour la médecine, mais qui s'appliquent à toutes les professions. Puis, seront présentées des stratégies plus spécifiques à une profession (médecine dentaire, optométrie, pharmacie).

  • L'autisme peut se manifester de manière très différente d'une personne à l'autre (3). Ce qui peut être accommodant pour l'un pourrait être dérangeant pour l'autre. 

  • L'autisme se caractérise notamment par des difficultés au niveau de la communication (3). Il se peut que le patient ne soit pas en mesure de verbaliser ses inconforts. Il est important de rester à l'affût de tous signes non verbaux.

  • Un changement dans la routine d'un patient présentant un TSA peut s'avérer bouleversant et difficile. C'est pourquoi il est important pour le professionnel de la santé de développer des stratégies pour faciliter l'insertion des soins dans leur mode de vie. (4).

Dentistes: 

Une visite chez le dentiste expose le patient à une multitude de stimuli différents (lumière, odeurs, bruits). Ainsi, en plus de pratiquer l’examen avec le parent et de consulter des photos de la salle de consultation, une « désensibilisation systématique » peut être nécessaire et bénéfique.

 

« Les premières visites peuvent être structurées de telle sorte que la personne présentant un TSA puisse simplement se promener dans le cabinet et se familiariser avec l’environnement, voir la pièce et toucher la « chaise du dentiste ». Lors des visites suivantes, cette personne peut s’asseoir plus longtemps dans le fauteuil dentaire et tourner la lampe placée au-dessus de sa tête. Au cours de visites subséquentes, le dentiste ou l’hygiéniste dentaire peut utiliser une brosse à dent et un miroir dentaire pour regarder à l’intérieur de la bouche. Ces visites pourraient être plus fréquentes qu’aux intervalles habituels de six à neuf mois, voire même mensuelles, pour aider à fixer le souvenir des nouvelles situations. » (6)

 

Ce processus a pour but d’amener le patient à tolérer les stimuli lors d’un rendez-vous dentaire. Cependant, malgré ces différentes étapes, il est possible que cela ne fonctionne pas pour certains patients. On devra alors leur administrer un sédatif. D’autres devront même être sous anesthésie générale pour les soins dentaires. (6)

 

Optométristes:  

Avant une rencontre avec une personne présentant un TSA, il serait pertinent demander à l’avance si celle-ci éprouve certaines difficultés sensorielles et si oui, la forme que prennent celles-ci. Des mesures pourront être prises en conséquence :

  • Réduire l’intensité de la lumière utilisée pour les examens des yeux autant que possible.

  • Tamiser les lumières des salles de consultation.

  • Éteindre la radio ou la musique.

  • Avoir une couverture ou demander à l’accompagnateur d’en amener une, si le patient n’aime pas la texture de la chaise. (7)

Également, il peut s’avérer utile que l’accompagnateur, un frère ou une sœur d’un patient ait un examen de la vue au même moment. Regarder un proche faire l’examen avec lui pourra rassurer le patient présentant un TSA. (7)

 

Pharmaciens:

En tant que professionnel de la santé de première ligne, le pharmacien doit être à l’aise avec le spectre de l’autisme, particulièrement avec les problèmes médicaux qui y sont associés. Comme l’autisme touche la communication, il est possible que le patient présentant un TSA ne soit pas en mesure de verbaliser son inconfort.

 

Par exemple, savoir que de nombreuses personnes présentant un TSA sont touchées par des problèmes gastro-intestinaux peuvent vous aider à conseiller et référer de manière optimale un parent dont l’enfant aurait des changements de comportements inhabituels (agressivité, se cogner la tête, se bercer, etc.). Cette information peut également être utile lors de la remise d’un médicament qui pourrait exacerber une condition associée à l’autisme. (8)

 

Il est également intéressant de noter que le patient présentant un TSA peut avoir certaines difficultés par rapport à la forme pharmaceutique de la médication. Il est donc primordial pour le pharmacien de savoir que les textures, couleurs et goûts des médicaments sont des facteurs importants à considérer avec un patient présentant un TSA.

 

Outre les problèmes gastro-intestinaux, cette clientèle peut présenter notamment des troubles convulsifs comme l’épilepsie, des troubles du sommeil et le pica (manger des substances non comestibles). (8)

Consulter le parent avant la rencontre

  • Demander au parent ce qui pourrait aider son enfant lors de la consultation.

  • Demander l’historique alors que le parent n’est pas distrait par son enfant ou par les réactions potentielles de son enfant.

 

Éviter les surprises 

  • Démontrer en quoi consiste l’examen/consultation étape par étape sur le parent, l’éducateur, le frère, la sœur, etc.

  • Demander au parent ou l’éducateur de prendre des photos de la salle de consultation pour qu’il puisse les montrer au patient avant chaque visite.

  • Demander au parent ou à l’éducateur de pratiquer l’examen à la maison ou à l’école avant chaque visite.

 

Minimiser le temps d’attente

  • Si possible, donner le premier rendez-vous de la journée à l’enfant présentant un TSA (5).

Tenir compte des hypersensibilités

  • Préparer la salle de consultation : une salle calme, une pièce sans fenêtre, absence de sources de lumière vive, absence de musique (5).

  • Placer un oreiller sous la tête du patient lorsqu’il est nécessaire que celui-ci soit allongé sur le dos.

  • Procéder aux examens (ex : palpation de l’abdomen, écoute du cœur) par-dessus un chandail mince.

 

Faire du renforcement positif

  • Demander au parent d’apporter un renforçateur (motivateur) (5).

  • Féliciter verbalement : « bravo », « bien joué », etc. (Selon la suggestion du parent ou de l'éducateur si possible).

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